IMPACT STORY

DONNÉES SUR LA MÉDECINE TRADITIONNELLE POUR AIDER À LA TRAÇABILITÉ DES PERDUS DE VUE VIH/SIDA

Le boursier DCDJ, Mr. Dongo présente l’outil de gestion données des Centre de Médecine Traditionnelle
Côte d’Ivoire

Contexte

En Côte d’Ivoire, il est estimé que 80% de la population, notamment en milieu rural, a recours à la médecine traditionnelle. Une étude réalisée en 2014 par l’organisation University Research Co, LLC(UR) sur les facteurs influençant la sortie des Perdus de Vues VIH (PVVIH) du Circuit de Traitement en Côte d’Ivoire a montré que 5% des PVVIH utilisent d’autres méthodes de traitement dont la Médecine Traditionnelle. Ces patients sont plus susceptibles d’être des Perdus de Vue (PDV).

Le Programme National de Promotion de la Médecine Traditionnelle (PNPMT) est un programme du Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique (MSHP) au même titre que le Programme National de lutte contre le sida (PNLS). Géré par des docteurs en médecine, pharmaciens, anthropologues et autres fonctionnaires de l’Etat, il est chargé d’assurer le bon fonctionnement des activités de la médecine traditionnelle et de sensibiliser les praticiens au respect de la loi No 2015-536 du 20 Juillet 2015 relative à l’exercice et à l’organisation de la médecine et de la pharmacopée traditionnelle en Côte d’Ivoire.

Contexte

Figure 1 – Figure 1 – Présentation de l’outil OCAR.CMT aux 15 Pays membres de la CEDEAO – (Cote d’Ivoire)

Probleme

Les centres de médecine traditionnelle (CMT) occupent une fonction similaire aux Etablissement Sanitaires de Premier Contact (ESPC) et ont obligation de transmettre mensuellement leurs rapports de synthèse des données des services offerts (patients suivis, nombre de patients reçus par pathologie, médicaments prescrits, etc.). L’évaluation du taux de transmission des 390 CMT agréés par l’Etat a montré que le taux moyen de transmission des rapports mensuels est de 2% uniquement (Rapport d’activités du PNPMT 2014-2018).

La qualité douteuse du peu de données disponibles rend difficile l’analyse pour la prise de décisions et particulièrement la traçabilité des patients qui sollicitent ces services. Ces observations peuvent expliquer le manque de données de la Médecine Traditionnelle dans le Système National de l’Information Sanitaire (SNIS). Selon le Dr Kroa Ehoulé, Directeur du PNPMT, “un défi majeur des Praticiens de la Médecine Conventionnelle (PMC) demeure que les PDV sont pour la plupart retrouvés en milieu communautaire dans les CMT et les camps de prière. Pourtant, aucun système de gestion de données efficace permettant la prise en compte des chiffres de la Médecine Traditionnelle dans le Système National d’Information Sanitaire (SNIS) n’est disponible pour corroborer cet état de fait et prendre les mesures qui s’imposent en termes de collaboration entre les deux médecines. “

Solutions

Le projet Des Chiffres et des Jeunes (DCDJ) à travers son programme de fellowship a choisi de placer un boursier, M. Evariste Dongo, au PNPMT pour aider l’organisation à identifier et adresser les problèmes liés à la gestion de ses données. M. Dongo proposé une solution qui a pour objectif de faciliter l’intégration des données de la Médecine Traditionnelle dans le SNIS et implique le développement et la mise en place d’un outil de collecte, de compilation, d’analyses de données fiables et de production automatique de rapports. Cependant, un autre élément important de la solution est la nécessité d’amener les CMT à accueillir cet outil et à l’intégrer dans leurs processus et de sensibiliser et former des praticiens.

Processus

M. Dongo a conduit un état des lieux et mis en place un plan opérationnel. Par la suite, sur la base de l’analyse des besoins, il a développé une application nommée OCAR.CMT (Outil de Collecte, d’Analyse et de Rapportage des données pour les Centres de Médecine Traditionnelle) en Visual Basic qui a été mise en œuvre dans des CMT disposant d’ordinateur et du personnel pour saisir les données. Grace a cela, les praticiens de ces CMT disposent donc maintenant d’un système de gestion de données de la Médecine Traditionnelle au même titre que le District Health Information Software (DHIS 2) en usage au niveau du système de santé du MSHP.

Durant la phase pilote, le PNPMT et DCDJ ont organisé des ateliers où 64 participants, dont le personnel du SNIS, du PNPMT et des praticiens de Médecine Traditionnelle ont bénéficié d’une sensibilisation à la culture des données et à l’utilisation d’OCAR.CMT. De plus, le projet a démontré l’outil a 42 praticiens et experts de la médecine traditionnelle issus des 15 pays membres de la zone CEDEAO durant, une rencontre de l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS).

Resultats et Impacts

Depuis l’intervention, Sept (7) sites pilotes utilisent régulièrement l’application pour la gestion des patients et leurs rapports mensuels. De plus, l’application a permis d’enregistrer 665 patients (51% de femmes et 49% d’hommes) dont 17 Personnes (76% de femmes et 24% d’hommes) vivant avec le VIH (PVVIH) dont certainement des PDV. Un des problèmes majeurs de PEPFAR a toujours été la difficulté d’accéder aux hommes, et les données initiales reportées dans le système montrent qu’une large portion d’hommes fréquente ces praticiens. Cette application peut aider le PEPFAR à cibler ses interventions vers ce groupe.

L’adoption de cette application par les 8,500 praticiens permettra de disposer d’une base de données clinique des patients de la médecine traditionnelle y compris les PVVIH. Ceci nécessitera l’organisation d’ateliers de validation de l’outil auprès de la DIIS, l’intégrer de ses recommandations et l’appui aux CMT en matériels logistiques et renforcement de capacité. Cette approche peut contribuer à l’objectif du PEPFAR de faciliter la traçabilité des PDV afin de mener des actions conjointes de sensibilisation avec les praticiens pour leur retour dans le circuit de traitement.

Suite aux efforts de M. Dongo et grâce au leadership du Directeur Dr. Kroa, le PNPMT s’est engagé dans la mobilisation de ressources financières afin d’étendre le projet à plusieurs CMT dans les différentes directions départementales du pays. Une requête a donc été transmise au mois de Février 2020 auprès des membres l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS) qui est à la base de la création du premier logiciel utilisé pour les données des PMT. Ces pays ayant reconnu les limites du logiciel de l’OOAS, ont exprimé le besoin de disposer de cet outil qui pourrait adresser ces faiblesses.

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Collaborateurs Cles

DCDJ

Des Chiffres et Des Jeunes (DCDJ)

Des Chiffres et Des Jeunes (DCDJ) est un projet du programme DCLI (Data Collaboratives for Local Impact) piloté par le MCC (Millennium Challenge Corporation) et financé par le PEPFAR (President’s Emergency Plan For Aids Relief). Un projet phare de DCLI et le premier projet du genre dans la sous-région, DCDJ est basé sur la démultiplication des compétences et ressources nécessaires à la révolution des données dans des domaines comme la Santé, le Genre, la Croissance Economique et l’Education.

pnpmt

Le programme National de Promotion de Médecine Traditionnel (PNPMT)

Le programme National de Promotion de Médecine Traditionnel (PNPMT) est une Structure technique du MSHP en rapport avec la coordination des activités de la Médecine traditionnelle pour l’atteinte des objectifs en matière de réglementation.

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